Affichage des articles dont le libellé est éducation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est éducation. Afficher tous les articles

vendredi 28 novembre 2014

Voulons-nous que nos enfants deviennent des gens bien, ou des dominants sociaux?

Dans une société où le P-DG gagne désormais 380 fois le salaire moyen et où 22% des enfants vivent au-dessous du seuil de pauvreté fédéral (23000 dollars par an pour une famille de quatre personnes), un livre comme «l’Hymne de bataille de la mère tigre» ressemble de moins en moins à un divertissement de luxe et de plus en plus à un instrument de domination de classe. Voulons-nous peupler la planète de guerriers ultracompétitifs et nombrilistes ou de citoyens compatissants ? 




L’inquiétude croissante que fait naître le déclin de l’influence des États-Unis dans le monde coïncide avec une hystérie non moins croissante sur nos méthodes d’éducation, et cela n’a rien d’un hasard. Croire que «les enfants sont notre avenir», comme le chante si aimablement Whitney Houston dans «The Greatest Love of All», c’est un peu comme croire dans les marchés à terme. Les gestionnaires de fortune et ceux qui veillent sur l’investissement dans la petite enfance sont confrontés à la même question de base: quelle part de son compte en banque, de sa santé mentale ou de son âme est-on prêt à amputer en vue d’un avenir à moitié aussi brillant et prometteur qu’on l’espère ?

Les épais ouvrages de conseil en parentalité ont, cependant, une drôle de façon d’esquiver ce dilemme. Les auteurs de ces traités sur l’éducation semblent tous supposer que vous, le parent à la peine, possédez d’inépuisables réserves de richesse, d’énergie et de passion à consacrer aux problèmes les plus futiles. [...]

Les centres de plaisir du cerveau parental


À première vue, «Comment les enfants réussissent»,  de Paul Tough (sortie française le 20 août 2014), semble venir grossir les rangs des ouvrages sermonneurs, tels «l’Hymne de bataille de la mère tigre», d’Amy Chua, et «Bébé Made in France», de Pamela Druckerman.

Comme de bien entendu, le livre s’ouvre sur une classe de maternelle qui adopte (encore) une approche révolutionnaire du développement de l’enfant, baptisée «Outils de l’esprit». Plutôt que de se concentrer sur la réussite scolaire, écrit Tough, le programme est conçu pour aider les petits à «contrôler leurs impulsions, rester concentrés sur la tâche en cours, éviter les distractions et les pièges mentaux, gérer leurs émotions, [et] organiser leurs pensées». Quiconque connaît un tant soit peu le comportement d’un bambin de 4 ans peut comprendre en quoi cette approche a plus de sens que, disons, l’apprentissage du coréen en immersion bilingue ou des équations au quatrième degré.